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Imagerie · Méthode pro

Cloner un disque défectueux avec ddrescue : le guide

Imager d'abord, travailler sur la copie ensuite : pourquoi ddrescue est l'outil de référence pour cloner un disque qui faiblit, et comment l'utiliser sans l'achever.

Par Mhessan Kouassi · Laboratoire DAFOTEC, Roubaix · Mis à jour le 16 juin 2026
Cet article approfondit un point du guide complet de la récupération de données (diagnostic, méthodes professionnelles, prévention).

Quand un disque commence à présenter des secteurs illisibles, le pire réflexe est de le sonder à répétition avec un logiciel de récupération : chaque passage le fatigue un peu plus. La bonne méthode, celle des laboratoires, tient en une phrase : cloner d'abord, récupérer ensuite. Et l'outil de référence pour cela s'appelle GNU ddrescue. Le guide complet en explique le principe ; voici la pratique.

Pourquoi cloner avant de récupérer ?

Un disque qui faiblit a un « budget » de lectures limité avant de lâcher pour de bon. Si vous lancez directement un logiciel de récupération sur l'original, vous dépensez ce budget en pure perte et vous risquez de perdre l'accès au moment crucial. En faisant d'abord une image (une copie fidèle, secteur par secteur), vous concentrez l'effort sur une seule lecture intégrale, puis vous travaillez autant que nécessaire sur la copie — sans plus jamais toucher au support malade.

Pourquoi ddrescue plutôt que dd ?

L'outil classique dd copie linéairement et cale dès le premier secteur illisible : il peut bloquer des heures sur une zone défaillante pendant que le reste du disque s'use. ddrescue adopte la stratégie inverse : il récupère d'abord toutes les zones faciles, garde une carte des zones difficiles, puis y revient en plusieurs tentatives. On sauve ainsi le maximum de données dans le minimum de stress imposé au disque.

Comment lancer un clonage en deux passes ?

D'abord installer l'outil (le binaire s'appelle ddrescue, le paquet souvent gddrescue) :

Installer GNU ddrescue
# Debian / Ubuntu
sudo apt install gddrescue

# macOS (Homebrew)
brew install ddrescue

Identifiez précisément le disque source (par exemple avec lsblk) — une erreur de cible peut écraser le mauvais disque. Première passe, rapide, qui copie tout le facile et saute les zones lentes :

Passe 1 — copier le facile, cartographier le reste
# -f autorise l'ecriture sur un peripherique, -n saute les zones lentes
sudo ddrescue -f -n /dev/sdX disque.img mapfile.log

Seconde passe, qui ne s'attaque qu'aux secteurs difficiles restés en suspens, avec accès direct et quelques nouvelles tentatives :

Passe 2 — réessayer les secteurs durs
# -d acces direct au peripherique, -r3 trois tentatives par secteur
sudo ddrescue -f -d -r3 /dev/sdX disque.img mapfile.log

À quoi sert le mapfile ?

Le troisième argument (mapfile.log) est essentiel : ddrescue y consigne en continu l'état de chaque zone. Si vous coupez le courant, changez de câble ou laissez le disque refroidir, vous reprenez exactement où vous en étiez — sans reparcourir ce qui est déjà copié. C'est aussi lui qui permet d'enchaîner les passes en ne ciblant que les secteurs encore manquants.

ddrescue ne soigne pas une panne mécanique

Si le disque claque, gratte, ou n'est plus détecté, ddrescue n'y changera rien : le problème est physique. Pire, le faire tourner peut élargir les dégâts. Dans ce cas, on éteint et on confie le disque à un laboratoire équipé d'une salle blanche.

Et ensuite : récupérer depuis l'image

Une fois l'image obtenue, le disque malade peut être mis de côté. On récupère sur le fichier disque.img avec un outil par système de fichiers (TestDisk) ou par signatures (PhotoRec, R-Studio), en toute tranquillité. Si la première passe s'est mal passée, si le taux de secteurs illisibles grimpe vite, ou si les données sont critiques, ne vous obstinez pas : un laboratoire dispose de lecteurs matériels (« imageurs ») capables de gérer un disque instable bien mieux qu'un PC standard. Chez DAFOTEC, le diagnostic est gratuit sous 24 h, et vous ne payez qu'en cas de récupération réussie.

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Questions fréquentes

Faut-il cloner un disque avant de récupérer ?

Oui, dès qu'un disque est instable ou présente des secteurs illisibles. On crée d'abord une image secteur par secteur, puis on travaille uniquement sur cette copie. L'original n'est plus sollicité, ce qui évite d'aggraver une panne naissante.

Pourquoi utiliser ddrescue plutôt que dd ?

Parce que dd bloque ou s'arrête sur le premier secteur illisible, alors que ddrescue copie d'abord tout ce qui se lit facilement, cartographie les zones difficiles, puis y revient. Il maximise les données récupérées tout en minimisant le stress imposé au disque.

À quoi sert le mapfile ?

Le mapfile note l'avancement : zones copiées, zones à réessayer, secteurs définitivement illisibles. Il permet d'interrompre puis de reprendre exactement où l'on s'était arrêté, et de relancer uniquement sur les zones problématiques.

ddrescue peut-il réparer un disque qui fait des clics ?

Non. ddrescue est un outil logiciel : il ne répare aucune panne mécanique. Un disque qui clique a un problème de têtes ou de moteur ; le cloner en l'état risque d'aggraver les dégâts. Il faut alors un laboratoire et une salle blanche.

Une perte de données ? Ne prenez pas le risque d'une mauvaise première décision.

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